Le Sauvageon

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Le gouvernement le cache… INSECURITE C’est pire qu’avant


En va-t-il des statistiques de a délinquance comme de la finance ? Y a-t-il du Madoff derrière la descente en pente douce des crimes et délits, comme on découvre qu’il y avait du maquillage dans les comptes des escrocs du capitalisme ? En vérité, la question n’agite guère les médias, comme si toute contre-enquête était interdite sur ces chiffres certifiés conformes qui viennent chaque mois rassurer les français : dormez tranquilles, braves gens, les violeurs et les criminels sont en train de disparaître de la surface de l’Hexagone ! C’est Nicolas Sarkozy qui le dit, qui le chante sur tous les tons et toutes les chaînes. Cette chanson douce a même fini par remplacer le fracas des faits-divers qui, hier, faisaient la une des médias. Et pourtant… la situation a empiré. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’actualité de ces deux dernières semaines. A Gagny (Seine-Saint-Denis), c’est une bande qui fait irruption dans un établissement scolaire et règle ses comptes, en plein cours, avec une bande adverse. Le même week-end, bataille rangée dans les rues de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Et voilà qu’aux Mureaux (Yvelines), au détour de violentes échauffourées, huit jours après la mort d’une figure du quartier au cours d’une course poursuite avec la police, un jeune brandit un fusil et arrose de plomb les CRS. Bilan : une dizaine de blessés. Comme lors des émeutes de novembre 2005, sauf que, à l’époque, la presse en avait fait ses gros titres…

Le bel habillage des chiffres commence d’ailleurs à craquer ici et là. Dans les Côtes-d’Armor, c’est un patron de la police, Yannick Blouin, fraîchement nommé, qui met discrètement en cause le bilan de son prédécesseur en affirmant, l’air de rien, que tous les cambriolages, tous les vols de voitures, toutes ces dégradations qui nourrissent la « délinquance de proximité » n’ont pas été enregistrés ces dernières années. Comme si l’on avait atteint les limites en matière de tripatouillage. Comme si ce fonctionnaire craignait de devoir bientôt endosser une hausse inévitable de la délinquance, simplement parce qu’il ferait preuve d’honnêteté et n’exigerait pas de ses troupes qu’elles évacuent du bilan toutes les plaintes concernant un préjudice inférieur à 400€…Depuis ce commissaire inconscient a été rappelé à l’ordre, mais d’autres ont pris le relais, levant le voile sur ces statistiques devenues le seul indicateur de la sécurité des français depuis que Nicolas Sarkozy a imposé la « culture du résultat ». « Les statistiques, c’est une façade, une grande illusion, assène un responsable départemental du Syndicat national des officiers de police (Snap). Le bon flic, aujourd’hui, ce n’est pas celui qui arrête trois gros voyous par an : c’est celui qui fournit de bons chiffres. »

Le président continue cependant à ne jurer que par eux. Le chiffre qu’il affectionne le plus, c’est celui de l’augmentation de la délinquance entre 1997 et 2002. Ces fameux « 15% » qui ont permis d’écarter Lionel Jospin de la route vers l’Elysée – on ne reviendra pas sur ce raz-de-marée de petits délits, largement alimenté par l’information des gendarmeries et la mise en place de la police de proximité, ni sur l’incapacité du gouvernement socialiste de l’époque à communiquer sur le sujet, englué dans un carcan idéologique qui le coupait de la réalité du quotidien des Français. Nicolas Sarkozy sait que l’épouvantail de la gauche fauteuse d’insécurité commence à montrer des signes d’usure. Mais il insiste. Pour « impressionner » son public il dispose même d’une botte secrète : le nombre des crimes et délits qui auraient pu avoir lieu s’il n’avait repris les choses en main. Sachant que la délinquance a baissée de 13,5% depuis 2002, « c’est 1,5 million de crimes et délits qui ont été évités aux français », lançait-il le 14 janvier dernier, lors de ses vœux aux forces de sécurité. Effet garanti sur le public, un peu comme si on lui montrait le monstre du loch Ness en direct.

On peut d’ores et déjà affirmer que la délinquance baissera à nouveau en 2009, sauf à voir rouler dans la farine des têtes de préfets, de directeurs départementaux et de commissaires dont la promotion (et les primes) ne dépendent plus que de cela. Mission : rentabilité. Malgré la diminution annoncée des effectifs (de 10 000 à 12 000 policiers et gendarmes devraient disparaître du paysage dans les quatre ans à venir). En attendant ces bonnes nouvelles, une descente dans les arrière-cuisines s’impose.

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